freikops de Lützow

Le corps franc de Lützow (1807-1814)

 

AAprès le traité de Tilsit (1807), la Prusse ne dispose plus que d’une armée réduite à environ 42.000 hommes ; les réformes rapidement mises en place permettent d’entraîner largement des forces supplémentaires pour renforcer considérablement les troupes régulières. Au côté de celles-ci on trouve ainsi les corps francs (Freikorps), unités constituées uniquement de volontaires pour la plupart provenant de toute la société ; la couronne n’ayant pas vraiment les moyens d’équiper tous ces volontaires, ceux-ci doivent bien sûr s’équiper à leurs frais. Le plus célèbre d’entre eux sera le corps franc de Lützow.
Le baron Adholf Wilhem Von Lützow (18 mai 1782, 6 décembre 1834) lieutenant en 1800, participe à la bataille de Aurstaedt, il est promu capitaine dans le 2me régiment de hussard de brandebourg en 1808, il est promu major en 1809. Il prend ça retraite la même année, réintégré en 1811 au grade de major, reçoit pour mission de former un corps franc durant l'hiver 1812. Il réunit les volontaires de tous horizons près de la ville de Breslau (Dans l'actuel Pologne). Le 18 février 1813, le Allerhöchste Kabinet Order (décret du haut commandement) officialise la création du corps du major sous le nom de « Corps franc royal prussien ». Son recrutement particulier, voulu par Lützow, permet d'intégrer sans distinction de provenance ou de nationalité toutes les bonnes âmes désireuses de combattre l'empereur des Français,
L'esprit de fraternité et l'égalité au sein de la troupe sont deux sentiments très forts au sein de l’unité, mais une chose bien plus forte anime les hommes : les prémisses du nationalisme allemand, et pour la plupart des hommes la fierté d'être prussien, mais également le désir de venger la défaite de 1807 et l'humiliant traité de Tilsit. Cet élan conduit certaines personnalités de la vie civile à s'engager, dont le poète Théodore Körner qui fut l'une des grandes figures du corps franc. Ses écrits furent une source d'inspiration pour ses camarades, le plus célèbre fut la chanson « Lützows wilde Jagd », la chasse sauvage de Lützow, qui devint un hymne pour tous. Son zèle et sa plume en firent l'un des proches du baron et le maître d’œuvre de la propagande du corps pour le recrutement. Gravissant rapidement les échelons, il devint lieutenant au sein de l'escadron des chasseurs à cheval.
La renommée du corps était telle que deux jeunes femmes s'y engagèrent, Eléonore Protcahka et Anna Lühering, et combattirent sans que leur réelle identité fût connue. La première mourut de ses blessures à la suite de la bataille du village de Göhrde, le 16 septembre 1813, et la seconde fut découverte en tant que femme. Toutefois, elle ne fut pas renvoyée chez elle : le major décida qu'elle pouvait rester au corps, considérant qu'elle était volontaire. La seule mesure qui fut prise concerna les bivouacs : elle devait dormir avec trois sous-officiers de bonne moralité. Elle survécut aux guerres napoléoniennes et devint à la fois une héroïne nationale et une curiosité pour la cour de Frédéric-Guillaume III.
Malgré les difficultés, les pertes, les désertions, l'aura du corps n'a jamais faibli, bien au contraire. Il n'a jamais manqué de volontaires recrutés dans toutes les villes et villages d’Allemagne. Le corps franc du major Von Lützow reste le plus important de ce début du XIXème siècle et l'empreinte qu'il laissa sur Allemagne fut forte. Ses couleurs furent d’ailleurs reprises pour le drapeau allemand moderne.

Constitution théorique du corps:
Le corps du major comprend en théorie quatre « armes », infanterie, cavalerie, artillerie et train d’artillerie. La force du corps est estimée à environ 3700 hommes répartis comme suit : 2900 fantassins, 600 cavaliers, 120 artilleurs et 150 membres du train.

L’infanterie:
L'infanterie du corps est organisée en trois bataillons, le 1er et le 3ème comptent 5 compagnies dont une dite de chasseurs ou chasseurs volontaires, le 2ème bataillon, lui, compte 4 compagnies seulement dont une dite de chasseurs tyroliens ; cette compagnie est d'ailleurs la seule du corps à avoir suffisamment d'uniformes dans ses rangs. Chaque compagnie compte en théorie 200 hommes. Toutefois la théorie et la réalité de l'époque sont deux choses bien différentes, car les chiffres qui nous sont parvenus nous donnent un effectif plus faible. En effet, les bataillons d'infanterie ne dépassent pas les 700 hommes, ce qui nous donne une écart d'environ 700 hommes au total ; à la bataille de Gördhe, les trois bataillons alignent une force de 1470 hommes, officiers compris.

L’uniforme de l’infanterie:
L’uniforme de l’infanterie du corps est bien sûr sujet à un règlement : la tenue est composée d'une litewka noire fermée par deux rangés de 8 gros boutons en métal jaune, parement noir avec passepoil écarlate en pointe, fermé par deux petits boutons en métal jaune, col en drap noir, passepoil écarlate, patte d'épaule en drap noir passepoil écarlate. Le shako est en feutre noir, muni d'une cocarde blanche à centre noir, cordon et raquette noirs, jugulaire en cuir noirci. Le manteau est gris d'origine anglaise, le pantalon en drap noir, la giberne de cuir noir sans ornement, et les banderoles également en cuir noir.
Les chasseurs volontaires des bataillons 1 et 3 portaient un plumet en crin noir sur le shako. Toutefois, il semble que la réalité des tenues du corps ait été toute autre : le manque de moyens oblige en effet Lützow à équiper ses hommes sur le champ de bataille, par le biais d'une réquisition qui ressemble plus à du pillage en bonne et due forme, et aussi dans certains dépôts. C'est ainsi que l'on peut voir des soldats portant des shakos français, que les banderoles sont d'origines les plus diverses… Il en va de même pour l'armement et pour certains effets d'équipement tels que les havresacs.

Les chasseurs tyroliens:
Habit-veste et pantalon gris souris avec revers, col, parements et pattes d’épaule en drap vert. Basque courte avec retroussis vert sans poche. Bande verte sur le pantalon. Ils portent en outre un chapeau de feutre noir avec une bande verte et un plumet vert maintenu par une ganse simple (le chapeau est d’inspiration autrichienne), manteau gris. L’uniforme de cette compagnie est d’ailleurs en soi le seul du corps franc qui soit conforme et dont le règlement soit parfaitement respecté.

Armement de l'infanterie :
L'armement au sein des compagnies des mousquetaires est le fusil prussien modèle 1790 modifié, et le fusil anglais Brown Bess « India pattern ». Les chasseurs utilisent quant à eux la carabine rayée « alte Corps Büchse ». L'usage du sabre-baïonnette est prescrit au sein du corps, mais il est peu probable qu'il fut en usage dans l'intégralité de l'infanterie, car le recours aux sabres-briquet français ou à d'autres modèles est parfaitement possible.

La cavalerie:
Le régiment du corps est composé de 5 escadrons, comprenant des uhlans, des hussards et des chasseurs à cheval, répartis comme suit : 1er escadron: uhlans, 2ème escadron: chasseurs, 3ème escadron: uhlans, 4ème escadron: hussards et 5ème escadron : hussards
Uniforme de la cavalerie: les uhlans et les chasseurs portent une litewka noire avec passepoil écarlate sur la fermeture ; elle est fermée par deux rangés de 6 gros boutons en métal jaune. Parement et col noirs avec passepoil écarlate. La litewka est munie d'une paire d'épaulettes en métal jaune cousues sur du drap écarlate. Pantalon de cavalerie noir avec bande latérale en drap écarlate. Le shako des uhlans et chasseurs est du même modèle que celui de l'infanterie, toutefois il comporte quelques différences : les jugulaires sont en écaille jaune, munies d'un cordon et de raquettes noirs. D'après Richard Knötel, les uhlans auraient eu un cordon et des raquettes de couleur blanche.
Les hussards portent la tenue type de leur arme avec les couleurs du corps, à l’exception de la ceinture-écharpe qui est blanche et noire. Patte d'épaule sur le dolman en drap noir avec passepoil blanc. Shako du modèle de l'infanterie avec cordon et raquettes noirs. Pour toute la cavalerie, gibernes et banderoles en cuir noir, sabre de cavalerie légère de modèle anglais ou prussien, 10 carabines de cavalerie par escadron. Les uhlans ont une lance avec flamme noire à la partie supérieure et blanche à la partie inférieure.

Artillerie:
En ce qui concerne la batterie d’artillerie, il n’y a pas d’information précise relative à son uniforme. Il est probable que les artilleurs aient eu à peu près le même uniforme que l’infanterie. La batterie comprend 8 pièces de 6 livres. Il s’agit d’artillerie à cheval car les corps francs doivent être rapides et mobiles.

Le roi de Suède au secours du Freikorps:
Bernadotte, devenu roi de Suède le 5 février 1818, vint en effet en aide au corps franc en août 1813 : il le trouva mal équipé et d'une apparence piteuse. Nos braves volontaires manquaient de fusils et étaient totalement dépourvus de manteau. Bernadotte assura donc à derniers une dotation d'environ 3 200 manteaux et de plusieurs centaines de fusils, carabines et sabres de cavalerie légère, le tout de provenance anglaise. Cette importante dotation n'est pas anodine car le corps combattait auprès de troupes suédoises au sein du corps combiné de Wallmoden.

Campagne:
Depuis sa formation, le corps franc mène des actions de petite guerre, telles que l’attaque de convois mal protégés, ou l’interception de messagers ; toutefois, en juin intervient l'armistice qui permet aux belligérants de se regrouper et de reconstituer leurs forces ; le Major Von Lützow en profite alors pour remonter vers la Prusse. Le 16 juin 1813, une brigade de cavalerie wurtembergeoise se présente et charge les hommes de Lützow qui étaient encore au bivouac ; une partie du corps est taillée en pièces. Le corps franc est incorporé à la mi-août dans le corps combiné du général autrichien Wallmoden qui opère dans le nord de l’Allemagne, et en particulier dans la région des villes hanséatiques. A son incorporation, il aligne une force toutes armes confondues de 2996 hommes ; il sera présent à la libération de la ville de Hambourg. Il participe notamment à la bataille de Göhrde, le 16 septembre 1813, contre la division française Pécheux. A cette occasion, il est affecté au sein de la division d’avant-garde Won Tettenborn, encore fort d'environ 2000 hommes. Il combat ensuite en Saxe, Bavière et Thuringe. En 1815, l'infanterie et la cavalerie qui ont été incorporées au sein de l'armée régulière participent à la bataille de Ligny ou le major devenue Oberstlieutenant (colonel) est fait prisonnier, et celle de Waterloo.

Dissolution et incorporation:
Après la dissolution officielle du corps et la création du 25ème de ligne, le 21 mars 1814, l'infanterie du nouveau régiment eut le privilège de pouvoir conserver son uniforme. Les effectifs du corps ayant été fortement éprouvés – comme tous les corps francs de l’époque, il subit une forte attrition, d'environ 24% alors qu'elle n'est que de 15% dans les rangs de l'armée régulière – ils ne formeront que les deux bataillons de « Musketeers », le bataillon de fusiliers provenant lui d'une autre unité provisoire. La cavalerie est divisée en deux régiments distincts, le premier étant le 6ème Uhlans qui est uniquement composé de soldats du corps, et l0e second le 9ème Hussards qui comprend un escadron de l’ancien corps franc.

près le traité de Tilsit (1807), la Prusse ne dispose plus que d’une armée réduite à environ 42.000 hommes ; les réformes rapidement mises en place permettent d’entraîner largement des forces supplémentaires pour renforcer considérablement les troupes régulières. Au côté de celles-ci on trouve ainsi les corps francs (Freikorps), unités constituées uniquement de volontaires pour la plupart provenant de toute la société ; la couronne n’ayant pas vraiment les moyens d’équiper tous ces volontaires, ceux-ci doivent bien sûr s’équiper à leurs frais. Le plus célèbre d’entre eux sera le corps franc de Lützow.

Le baron Adholf Wilhem Von Lützow (18 mai 1782, 6 décembre 1834) liLutzow 2 1eutenant en 1800, participe à la bataille de Aurstaedt, il est promu capitaine dans le 2me régiment de hussard de brandebourg en 1808, il est promu major en 1809. Il prend ça retraite la même année, réintégré en 1811 au grade de major, reçoit pour mission de former un corps franc durant l'hiver 1812. Il réunit les volontaires de tous horizons près de la ville de Breslau (Dans l'actuel Pologne). Le 18 février 1813, le Allerhöchste Kabinet Order (décret du haut commandement) officialise la création du corps du major sous le nom de « Corps franc royal prussien ». Son recrutement particulier, voulu par Lützow, permet d'intégrer sans distinction de provenance ou de nationalité toutes les bonnes âmes désireuses de combattre l'empereur des Français,

L'esprit de fraternité et l'égalité au sein de la troupe sont deux sentiments très forts au sein de l’unité, mais une chose bien plus forte anime les hommes : les prémisses du nationalisme allemand, et pour la plupart des hommes la fierté d'être prussien, mais également le désir de venger la défaite de 1807 et l'humiliant traité de Tilsit. Cet élan conduit certaines personnalités de la vie civile à s'engager, dont le poète Théodore Körner qui fut l'une des grandes figures du corps franc. Ses écrits furent une source d'inspiration pour ses camarades, le plus célèbre fut la chanson « Lützows wilde Jagd », la chasse sauvage de Lützow, qui devint un hymne pour tous. Son zèle et sa plume en firent l'un des proches du baron et le maître d’œuvre de la propagande du corps pour le recrutement. Gravissant rapidement les échelons, il devint lieutenant au sein de l'escadron des chasseurs à cheval.

La renommée du corps était telle que deux jeunes femmes s'y engagèrent, Eléonore Protcahka et Anna Lühering, et combattirent sans que leur réelle identité fût connue. La première mourut de ses blessures à la suite de la bataille du village de Göhrde, le 16 septembre 1813, et la seconde fut découverte en tant que femme. Toutefois, elle ne fut pas renvoyée chez elle : le major décida qu'elle pouvait rester au corps, considérant qu'elle était volontaire. La seule mesure qui fut prise concerna les bivouacs : elle devait dormir avec trois sous-officiers de bonne moralité. Elle survécut aux guerres napoléoniennes et devint à la fois une héroïne nationale et une curiosité pour la cour de Frédéric-Guillaume III.

Malgré les difficultés, les pertes, les désertions, l'aura du corps n'a jamais faibli, bien au contraire. Il n'a jamais manqué de volontaires recrutés dans toutes les villes et villages d’Allemagne. Le corps franc du major Von Lützow reste le plus important de ce début du XIXème siècle et l'empreinte qu'il laissa sur Allemagne fut forte. Ses couleurs furent d’ailleurs reprises pour le drapeau allemand moderne.


 

Constitution théorique du corps:

Le corps du major comprend en théorie quatre « armes », infanterie, cavalerie, artillerie et train d’artillerie. La force du corps est estimée à environ 3700 hommes répartis comme suit : 2900 fantassins, 600 cavaliers, 120 artilleurs et 150 membres du train.


 

L’infanterie:

L'infanterie du corps est organisée en trois bataillons, le 1er et le 3ème comptent 5 compagnies dont une dite de chasseurs ou chasseurs volontaires, le 2ème bataillon, lui, compte 4 compagnies seulement dont une dite de chasseurs tyroliens ; cette compagnie est d'ailleurs la seule du corps à avoir suffisamment d'uniformes dans ses rangs. Chaque compagnie compte en théorie 200 hommes. Toutefois la théorie et la réalité de l'époque sont deux choses bien différentes, car les chiffres qui nous sont parvenus nous donnent un effectif plus faible. En effet, les bataillons d'infanterie ne dépassent pas les 700 hommes, ce qui nous donne une écart d'environ 700 hommes au total ; à la bataille de Gördhe, les trois bataillons alignent une force de 1470 hommes, officiers compris.


 

L’uniforme de l’infanterie:

L’uniforme de l’infanterie du corps est bien sûr sujet à un règlement : la tenue est composée d'une litewka noire fermée par deux rangés de 8 gros boutons en métal jaune, parement noir avec passepoil écarlate en pointe, fermé par deux petits boutons en métal jaune, col en drap noir, passepoil écarlate, patte d'épaule en drap noir passepoil écarlate. Le shako est en feutre noir, muni d'une cocarde blanche à centre noir, cordon et raquette noirs, jugulaire en cuir noirci. Le manteau est gris d'origine anglaise, le pantalon en drap noir, la giberne de cuir noir sans ornement, et les banderoles également en cuir noir.

Les chasseurs volontaires des bataillons 1 et 3 portaient un plumet en crin noir sur le shako. Toutefois, il semble que la réalité des tenues du corps ait été toute autre : le manque de moyens oblige en effet Lützow à équiper ses hommes sur le champ de bataille, par le biais d'une réquisition qui ressemble plus à du pillage en bonne et due forme, et aussi dans certains dépôts. C'est ainsi que l'on peut voir des soldats portant des shakos français, que les banderoles sont d'origines les plus diverses… Il en va de même pour l'armement et pour certains effets d'équipement tels que les havresacs.


 

Les chasseurs tyroliens:

Habit-veste et pantalon gris souris avec revers, col, parements et pattes d’épaule en drap vert. Basque courte avec retroussis vert sans poche. Bande verte sur le pantalon. Ils portent en outre un chapeau de feutre noir avec une bande verte et un plumet vert maintenu par une ganse simple (le chapeau est d’inspiration autrichienne), manteau gris. L’uniforme de cette compagnie est d’ailleurs en soi le seul du corps franc qui soit conforme et dont le règlement soit parfaitement respecté.


 

Armement de l'infanterie :

L'armement au sein des compagnies des mousquetaires est le fusil prussien modèle 1790 modifié, et le fusil anglais Brown Bess « India pattern ». Les chasseurs utilisent quant à eux la carabine rayée « alte Corps Büchse ». L'usage du sabre-baïonnette est prescrit au sein du corps, mais il est peu probable qu'il fut en usage dans l'intégralité de l'infanterie, car le recours aux sabres-briquet français ou à d'autres modèles est parfaitement possible.


 

La cavalerie:

Le régiment du corps est composé de 5 escadrons, comprenant des uhlans, des hussards et des chasseurs à cheval, répartis comme suit : 1er escadron: uhlans, 2ème escadron: chasseurs, 3ème escadron: uhlans, 4ème escadron: hussards et 5ème escadron : hussards

Uniforme de la cavalerie: les uhlans et les chasseurs portent une litewka noire avec passepoil écarlate sur la fermeture ; elle est fermée par deux rangés de 6 gros boutons en métal jaune. Parement et col noirs avec passepoil écarlate. La litewka est munie d'une paire d'épaulettes en métal jaune cousues sur du drap écarlate. Pantalon de cavalerie noir avec bande latérale en drap écarlate. Le shako des uhlans et chasseurs est du même modèle que celui de l'infanterie, toutefois il comporte quelques différences : les jugulaires sont en écaille jaune, munies d'un cordon et de raquettes noirs. D'après Richard Knötel, les uhlans auraient eu un cordon et des raquettes de couleur blanche.

Les hussards portent la tenue type de leur arme avec les couleurs du corps, à l’exception de la ceinture-écharpe qui est blanche et noire. Patte d'épaule sur le dolman en drap noir avec passepoil blanc. Shako du modèle de l'infanterie avec cordon et raquettes noirs. Pour toute la cavalerie, gibernes et banderoles en cuir noir, sabre de cavalerie légère de modèle anglais ou prussien, 10 carabines de cavalerie par escadron. Les uhlans ont une lance avec flamme noire à la partie supérieure et blanche à la partie inférieure.


 

Artillerie:

En ce qui concerne la batterie d’artillerie, il n’y a pas d’information précise relative à son uniforme. Il est probable que les artilleurs aient eu à peu près le même uniforme que l’infanterie. La batterie comprend 8 pièces de 6 livres. Il s’agit d’artillerie à cheval car les corps francs doivent être rapides et mobiles.


 


 


 

Le roi de Suède au secours du Freikorps:

Bernadotte, devenu roi de Suède le 5 février 1818, vint en effet en aide au corps franc en août 1813 : il le trouva mal équipé et d'une apparence piteuse. Nos braves volontaires manquaient de fusils et étaient totalement dépourvus de manteau. Bernadotte assura donc à derniers une dotation d'environ 3 200 manteaux et de plusieurs centaines de fusils, carabines et sabres de cavalerie légère, le tout de provenance anglaise. Cette importante dotation n'est pas anodine car le corps combattait auprès de troupes suédoises au sein du corps combiné de Wallmoden.


 

Campagne:

Depuis sa formation, le corps franc mène des actions de petite guerre, telles que l’attaque de convois mal protégés, ou l’interception de messagers ; toutefois, en juin intervient l'armistice qui permet aux belligérants de se regrouper et de reconstituer leurs forces ; le Major Von Lützow en profite alors pour remonter vers la Prusse. Le 16 juin 1813, une brigade de cavalerie wurtembergeoise se présente et charge les hommes de Lützow qui étaient encore au bivouac ; une partie du corps est taillée en pièces. Le corps franc est incorporé à la mi-août dans le corps combiné du général autrichien Wallmoden qui opère dans le nord de l’Allemagne, et en particulier dans la région des villes hanséatiques. A son incorporation, il aligne une force toutes armes confondues de 2996 hommes ; il sera présent à la libération de la ville de Hambourg. Il participe notamment à la bataille de Göhrde, le 16 septembre 1813, contre la division française Pécheux. A cette occasion, il est affecté au sein de la division d’avant-garde Won Tettenborn, encore fort d'environ 2000 hommes. Il combat ensuite en Saxe, Bavière et Thuringe. En 1815, l'infanterie et la cavalerie qui ont été incorporées au sein de l'armée régulière participent à la bataille de Ligny ou le major devenue Oberstlieutenant (colonel) est fait prisonnier, et celle de Waterloo.


 

Dissolution et incorporation:

Après la dissolution officielle du corps et la création du 25ème de ligne, le 21 mars 1814, l'infanterie du nouveau régiment eut le privilège de pouvoir conserver son uniforme. Les effectifs du corps ayant été fortement éprouvés – comme tous les corps francs de l’époque, il subit une forte attrition, d'environ 24% alors qu'elle n'est que de 15% dans les rangs de l'armée régulière – ils ne formeront que les deux bataillons de « Musketeers », le bataillon de fusiliers provenant lui d'une autre unité provisoire. La cavalerie est divisée en deux régiments distincts, le premier étant le 6ème Uhlans qui est uniquement composé de soldats du corps, et l0e second le 9ème Hussards qui comprend un escadron de l’ancien corps franc.

près le traité de Tilsit (1807), la Prusse ne dispose plus que d’une armée réduite à environ 42.000 hommes ; les réformes rapidement mises en place permettent d’entraîner largement des forces supplémentaires pour renforcer considérablement les troupes régulières. Au côté de celles-ci on trouve ainsi les corps francs (Freikorps), unités constituées uniquement de volontaires pour la plupart provenant de toute la société ; la couronne n’ayant pas vraiment les moyens d’équiper tous ces volontaires, ceux-ci doivent bien sûr s’équiper à leurs frais. Le plus célèbre d’entre eux sera le corps franc de Lützow.

Le baron Adholf Wilhem Von Lützow (18 mai 1782, 6 décembre 1834) lieutenant en 1800, participe à la bataille de Aurstaedt, il est promu capitaine dans le 2me régiment de hussard de brandebourg en 1808, il est promu major en 1809. Il prend ça retraite la même année, réintégré en 1811 au grade de major, reçoit pour mission de former un corps franc durant l'hiver 1812. Il réunit les volontaires de tous horizons près de la ville de Breslau (Dans l'actuel Pologne). Le 18 février 1813, le Allerhöchste Kabinet Order (décret du haut commandement) officialise la création du corps du major sous le nom de « Corps franc royal prussien ». Son recrutement particulier, voulu par Lützow, permet d'intégrer sans distinction de provenance ou de nationalité toutes les bonnes âmes désireuses de combattre l'empereur des Français,

L'esprit de fraternité et l'égalité au sein de la troupe sont deux sentiments très forts au sein de l’unité, mais une chose bien plus forte anime les hommes : les prémisses du nationalisme allemand, et pour la plupart des hommes la fierté d'être prussien, mais également le désir de venger la défaite de 1807 et l'humiliant traité de Tilsit. Cet élan conduit certaines personnalités de la vie civile à s'engager, dont le poète Théodore Körner qui fut l'une des grandes figures du corps franc. Ses écrits furent une source d'inspiration pour ses camarades, le plus célèbre fut la chanson « Lützows wilde Jagd », la chasse sauvage de Lützow, qui devint un hymne pour tous. Son zèle et sa plume en firent l'un des proches du baron et le maître d’œuvre de la propagande du corps pour le recrutement. Gravissant rapidement les échelons, il devint lieutenant au sein de l'escadron des chasseurs à cheval.

La renommée du corps était telle que deux jeunes femmes s'y engagèrent, Eléonore Protcahka et Anna Lühering, et combattirent sans que leur réelle identité fût connue. La première mourut de ses blessures à la suite de la bataille du village de Göhrde, le 16 septembre 1813, et la seconde fut découverte en tant que femme. Toutefois, elle ne fut pas renvoyée chez elle : le major décida qu'elle pouvait rester au corps, considérant qu'elle était volontaire. La seule mesure qui fut prise concerna les bivouacs : elle devait dormir avec trois sous-officiers de bonne moralité. Elle survécut aux guerres napoléoniennes et devint à la fois une héroïne nationale et une curiosité pour la cour de Frédéric-Guillaume III.

Malgré les difficultés, les pertes, les désertions, l'aura du corps n'a jamais faibli, bien au contraire. Il n'a jamais manqué de volontaires recrutés dans toutes les villes et villages d’Allemagne. Le corps franc du major Von Lützow reste le plus important de ce début du XIXème siècle et l'empreinte qu'il laissa sur Allemagne fut forte. Ses couleurs furent d’ailleurs reprises pour le drapeau allemand moderne.


 

Constitution théorique du corps:

Le corps du major comprend en théorie quatre « armes », infanterie, cavalerie, artillerie et train d’artillerie. La force du corps est estimée à environ 3700 hommes répartis comme suit : 2900 fantassins, 600 cavaliers, 120 artilleurs et 150 membres du train.


 

L’infanterie:

L'infanterie du corps est organisée en trois bataillons, le 1er et le 3ème comptent 5 compagnies dont une dite de chasseurs ou chasseurs volontaires, le 2ème bataillon, lui, compte 4 compagnies seulement dont une dite de chasseurs tyroliens ; cette compagnie est d'ailleurs la seule du corps à avoir suffisamment d'uniformes dans ses rangs. Chaque compagnie compte en théorie 200 hommes. Toutefois la théorie et la réalité de l'époque sont deux choses bien différentes, car les chiffres qui nous sont parvenus nous donnent un effectif plus faible. En effet, les bataillons d'infanterie ne dépassent pas les 700 hommes, ce qui nous donne une écart d'environ 700 hommes au total ; à la bataille de Gördhe, les trois bataillons alignent une force de 1470 hommes, officiers compris.


 

L’uniforme de l’infanterie:

L’uniforme de l’infanterie du corps est bien sûr sujet à un règlement : la tenue est composée d'une litewka noire fermée par deux rangés de 8 gros boutons en métal jaune, parement noir avec passepoil écarlate en pointe, fermé par deux petits boutons en métal jaune, col en drap noir, passepoil écarlate, patte d'épaule en drap noir passepoil écarlate. Le shako est en feutre noir, muni d'une cocarde blanche à centre noir, cordon et raquette noirs, jugulaire en cuir noirci. Le manteau est gris d'origine anglaise, le pantalon en drap noir, la giberne de cuir noir sans ornement, et les banderoles également en cuir noir.

Les chasseurs volontaires des bataillons 1 et 3 portaient un plumet en crin noir sur le shako. Toutefois, il semble que la réalité des tenues du corps ait été toute autre : le manque de moyens oblige en effet Lützow à équiper ses hommes sur le champ de bataille, par le biais d'une réquisition qui ressemble plus à du pillage en bonne et due forme, et aussi dans certains dépôts. C'est ainsi que l'on peut voir des soldats portant des shakos français, que les banderoles sont d'origines les plus diverses… Il en va de même pour l'armement et pour certains effets d'équipement tels que les havresacs.


 

Les chasseurs tyroliens:

Habit-veste et pantalon gris souris avec revers, col, parements et pattes d’épaule en drap vert. Basque courte avec retroussis vert sans poche. Bande verte sur le pantalon. Ils portent en outre un chapeau de feutre noir avec une bande verte et un plumet vert maintenu par une ganse simple (le chapeau est d’inspiration autrichienne), manteau gris. L’uniforme de cette compagnie est d’ailleurs en soi le seul du corps franc qui soit conforme et dont le règlement soit parfaitement respecté.


 

Armement de l'infanterie :

L'armement au sein des compagnies des mousquetaires est le fusil prussien modèle 1790 modifié, et le fusil anglais Brown Bess « India pattern ». Les chasseurs utilisent quant à eux la carabine rayée « alte Corps Büchse ». L'usage du sabre-baïonnette est prescrit au sein du corps, mais il est peu probable qu'il fut en usage dans l'intégralité de l'infanterie, car le recours aux sabres-briquet français ou à d'autres modèles est parfaitement possible.


 

La cavalerie:

Le régiment du corps est composé de 5 escadrons, comprenant des uhlans, des hussards et des chasseurs à cheval, répartis comme suit : 1er escadron: uhlans, 2ème escadron: chasseurs, 3ème escadron: uhlans, 4ème escadron: hussards et 5ème escadron : hussards

Uniforme de la cavalerie: les uhlans et les chasseurs portent une litewka noire avec passepoil écarlate sur la fermeture ; elle est fermée par deux rangés de 6 gros boutons en métal jaune. Parement et col noirs avec passepoil écarlate. La litewka est munie d'une paire d'épaulettes en métal jaune cousues sur du drap écarlate. Pantalon de cavalerie noir avec bande latérale en drap écarlate. Le shako des uhlans et chasseurs est du même modèle que celui de l'infanterie, toutefois il comporte quelques différences : les jugulaires sont en écaille jaune, munies d'un cordon et de raquettes noirs. D'après Richard Knötel, les uhlans auraient eu un cordon et des raquettes de couleur blanche.

Les hussards portent la tenue type de leur arme avec les couleurs du corps, à l’exception de la ceinture-écharpe qui est blanche et noire. Patte d'épaule sur le dolman en drap noir avec passepoil blanc. Shako du modèle de l'infanterie avec cordon et raquettes noirs. Pour toute la cavalerie, gibernes et banderoles en cuir noir, sabre de cavalerie légère de modèle anglais ou prussien, 10 carabines de cavalerie par escadron. Les uhlans ont une lance avec flamme noire à la partie supérieure et blanche à la partie inférieure.


 

Artillerie:

En ce qui concerne la batterie d’artillerie, il n’y a pas d’information précise relative à son uniforme. Il est probable que les artilleurs aient eu à peu près le même uniforme que l’infanterie. La batterie comprend 8 pièces de 6 livres. Il s’agit d’artillerie à cheval car les corps francs doivent être rapides et mobiles.


 


 


 

Le roi de Suède au secours du Freikorps:

Bernadotte, devenu roi de Suède le 5 février 1818, vint en effet en aide au corps franc en août 1813 : il le trouva mal équipé et d'une apparence piteuse. Nos braves volontaires manquaient de fusils et étaient totalement dépourvus de manteau. Bernadotte assura donc à derniers une dotation d'environ 3 200 manteaux et de plusieurs centaines de fusils, carabines et sabres de cavalerie légère, le tout de provenance anglaise. Cette importante dotation n'est pas anodine car le corps combattait auprès de troupes suédoises au sein du corps combiné de Wallmoden.


 

Campagne:

Depuis sa formation, le corps franc mène des actions de petite guerre, telles que l’attaque de convois mal protégés, ou l’interception de messagers ; toutefois, en juin intervient l'armistice qui permet aux belligérants de se regrouper et de reconstituer leurs forces ; le Major Von Lützow en profite alors pour remonter vers la Prusse. Le 16 juin 1813, une brigade de cavalerie wurtembergeoise se présente et charge les hommes de Lützow qui étaient encore au bivouac ; une partie du corps est taillée en pièces. Le corps franc est incorporé à la mi-août dans le corps combiné du général autrichien Wallmoden qui opère dans le nord de l’Allemagne, et en particulier dans la région des villes hanséatiques. A son incorporation, il aligne une force toutes armes confondues de 2996 hommes ; il sera présent à la libération de la ville de Hambourg. Il participe notamment à la bataille de Göhrde, le 16 septembre 1813, contre la division française Pécheux. A cette occasion, il est affecté au sein de la division d’avant-garde Won Tettenborn, encore fort d'environ 2000 hommes. Il combat ensuite en Saxe, Bavière et Thuringe. En 1815, l'infanterie et la cavalerie qui ont été incorporées au sein de l'armée régulière participent à la bataille de Ligny ou le major devenue Oberstlieutenant (colonel) est fait prisonnier, et celle de Waterloo.


 

Dissolution et incorporation:

Après la dissolution officielle du corps et la création du 25ème de ligne, le 21 mars 1814, l'infanterie du nouveau régiment eut le privilège de pouvoir conserver son uniforme. Les effectifs du corps ayant été fortement éprouvés – comme tous les corps francs de l’époque, il subit une forte attrition, d'environ 24% alors qu'elle n'est que de 15% dans les rangs de l'armée régulière – ils ne formeront que les deux bataillons de « Musketeers », le bataillon de fusiliers provenant lui d'une autre unité provisoire. La cavalerie est divisée en deux régiments distincts, le premier étant le 6ème Uhlans qui est uniquement composé de soldats du corps, et l0e second le 9ème Hussards qui comprend un escadron de l’ancien corps franc.

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